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 L'Illusoire Amour — prologue

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Maxime

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Messages : 18
Date d'inscription : 21/01/2013

MessageSujet: L'Illusoire Amour — prologue   Ven 15 Fév - 16:53

A l'attention du lecteur
Pour ceux qui penseraient avoir compris les lignes qui vont suivre, je crois qu'il serait judicieux de leur dire qu'il n'y a rien à comprendre. Cette pièce, c'est une vie, imaginée peut-être, fictive sans doutes, qui n'a pas a être enviée ou comprise, non. Si vous croyez y voir quelque chose, travaillez à vous en dissuader votre esprit, car là où fuit cette pièce, personne ne pourra vous en ramener. Tâchez de ne point vous égarer sur les voies mortifères de la vie, qui, à la lecture de ce qui suit, pourraient bien vous tenter. Sachez aussi que la vie, bien que cadeau naturel, se trouve être le repère d'êtres chimériques qui bien souvent nous perdent quand on les poursuit sur les flots méditerranéens.

Surveillez les mots, cachez vos yeux et, surtout, ne quittez pas votre corps…


~



PROLOGUE

**

« On meurt le même jour que l'on commence à naître,
On s'oblige au naufrage, entrant en ce bateau.
Naître et mourir n'est qu'un, l'être n'est qu'un non-être.
Il n'y a qu'un soupir de la table au tombeau. »


Pierre Matthieu.

**

Le Prologue, seul

Faible éclairage. Au fond de la scène, un écran sur lequel est projeté un diaporama. Cette vidéo présente Maxime vagabondant avec entrain dans un pré. Elle est accompagnée d'un morceau de Guershwin : Rhapsody in Blue. Quelques minutes après le lancement de la diapo, un homme grisonnant, de haillons vêtu et s'appuyant sur un vieux bâton, s'avance ; c'est le Prologue. La scène se trouvant dans la pénombre, un projecteur s'allume et le suit jusque sur le devant de la scène où se trouve une large pierre qui fait office de banc. Il s'y assied, gardant le silence.

LE PROLOGUE, au bout d'un moment, se mettant de biais pour voir et la vidéo, vers laquelle il fera des gestes pendant qu'il la commentera, et les spectateurs — Regardez-le rire, danser et sautiller comme un enfant. Regardez cet insouciant, cet être puéril et abject ! (pause méditative) Si vous voulez en croire mes mots, nous aurons un splendide spectacle lorsque sa bulle éclatera. (il éclate de rire, un rire antipathique et cruel) Ou quand son cœur explosera…

Un silence.

Heureux. Ce doit-être le mot qui le qualifie le mieux. Pourquoi est-il comme ça ? Humm… (il fait mine de réfléchir) C'est à cause de cette fille, Laure. D'un an son aîné, c'est par pur hasard, par un concours de circonstances comme on dit, qu'il l'a rencontrée. Elle était en terminale, lui en première. Un coup de chance qu'il ait eu cette idée d'organiser un café littéraire ; c'est cela qui les a rapproché, autrement ils ne se seraient jamais vus, elle restant à l'étage de la terminale L et lui dans la salle de cours des premières L. Et dire que devant la difficulté d'organisation, notamment la difficulté de l'obtention d'autorisations de la direction pour l'événement, il avait faillit abandonner ! Ils n'ont eu que de la chance… (il soupire, comme s'il était nostalgique) Et c'est ainsi qu'ils se sont rencontrés et qu'ils ont appris à se connaître. Ils se sont vus, de temps en temps, puis cela s'est accéléré… (pause) Où en sommes-nous ? Qu'avons-nous sous les yeux ? Une jeune femme de 17 ans bien trop heureuse pour quitter son nuage, et un jeune homme allant avoir ses 17 ans qui ne vaut pas mieux qu'elle… (il se retourne vers la vidéo) Sachez que c'est lui, ce petit con, le spécimen le plus intéressant des deux ; animé par le bonheur qu'il semble côtoyer, une force nouvelle est entrée en lui : de ses mains maladroites il construit la maison de sa joie, sans savoir qu'elle n'est faite que de paille… (nouveau soupir) Il ne se doute pas que, comme le bonheur, elle s'enfuit déjà, la jeune Laure… il ne se doute pas que ce qu'il peine à toucher de ses mains s'évanouit aussi vite vite qu'elle est apparue… Il ne sent pas que les azimuts se lèvent, et que sa maison va être emportée…

Un silence, puis il reprend soudainement :

Je mise mes loques sur le fait qu'il ne restera bientôt que des restes désolés, des vestiges méconnaissables de cette chétive bâtisse… Il n'en restera même pas des vestiges, en fin de compte : rien ne survivra suite à ce cataclysme. De la florissante Pompée il en subsistait des trésors, de ce jeune romantique naîtra un cadavre pourrissant.

Il se lève, fait mine de partir, mais il s'arrête et se retourne lentement vers les spectateurs.

Il est aveugle.

Coupure des lumières et de la vidéo en même temps que résonnent puissamment les coups du destin de la 5ème symphonie de Beethoven.
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Joël Gissy

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MessageSujet: Re: L'Illusoire Amour — prologue   Lun 18 Fév - 9:56

Comme Musset: une pièce à lire dans un fauteuil.
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Maxime

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Messages : 18
Date d'inscription : 21/01/2013

MessageSujet: Re: L'Illusoire Amour — prologue   Lun 18 Fév - 17:22

Tout à fait, parce que les décors et les indications de mise en scène n'en finiront pas dans cette pièce…
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MessageSujet: Re: L'Illusoire Amour — prologue   

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