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 La Mort d'Orphée — Chant I

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Maxime

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Messages : 18
Date d'inscription : 21/01/2013

MessageSujet: La Mort d'Orphée — Chant I   Jeu 31 Jan - 18:39

La Mort d'Orphée
ou le suicide amoureux

~

Préface d'une tragédie romantique



Petit mot d'introduction explicatif du l'objet de ce poème et du lourd projet dont il est question à l'autre bout du tunnel qui, pour le moment, n'est pas encore éclairé par la lumière du jour.

Tout d'abord, le titre : "La Mort d'Orphée". Pas besoin de m'étendre, c'est une réécriture avec une optique romantique du sujet. Mais encore, un sous-titre peut commun quand on connaît le mythe : Orphée fait preuve d'une fidélité hors norme dans le mythe, ce qui lui vaut d'être tué. Pour moi c'est une provocation, une fierté d'un homme ayant un code d'honneur (en ce monde inexistant je suppose, mais j'aime le vir romain) et, pour ne pas le rompre, pour rester fidèle à ses convictions, provoque sa mort en provoquant les Bacchantes. Ceci est ma vision du mythe, avec une emprunte autobiographique omniprésente, si ce n'est que je ne me sois encore suicidé, mais ça viendra plus tard quand j'aurais fais mon nom, trouvé une corde et une rue sombre dans Paris où accrocher ma corde avant d'être retrouvé froid et raide au petit matin (j'aime bien Nerval aussi, j'avoue ce penchant).

Deuxième annotation sous ce titre transparent, "Préface d'une tragédie romantique". C'est tout un projet de pièce de théâtre qui est dernière. Au début je voulais un drame romantique, mais, finalement, j'ai eu une vision, celle de faire une synthèse à la fois du théâtre des origines (grec), du théâtre classique, du drame romantique, de l'absurde de Ionesco et, pourquoi pas, de d'autres mouvements à part en théâtre, quoi qu'il en soit, je veux cette pièce émouvante à la manière des Justes et, en même temps, des plus provocatrices de ce début de siècle.
Pièce synthétique dirons-nous, autobiographique, comme le poème qui suit. Ces deux projets sont dédiés à l'Eurydice morte, ou partie (qui a dit qu'Eurydice ne s'est pas cassé en laissant en plan Orphée, lui préférant son autre prétendant qui le poursuivait, le serpent étant juste l'apparence de leur fuite, ou le symbole même de l'indécision finalement).

La pièce, à défaut du poème en lui-même, ira plus au de-là dans l'analyse psychologique déprécive et suicidaire de réflexions sombres et déroutante, d'où le fait que j'aimerai voir s'unir les différentes esthétiques du théâtre de l'antiquité à nos jours (même si l'aspect ne s'étend seulement que sur une ou deux scènes). Enfin, je ne vais pas trop en dire, vous verrez peut-être par la suite si je m'en sors avec mes éternelles réécritures qui n'en finissent jamais…

Pour le chant I qui suit, il ne respecte pas totalement les règles classiques (alternance des rimes) donc il sera repris, mais je finis d'abord de composer le dernier chant du poème.

Bonne lecture, en vous remerciant pour vos avis,

Maxime.



Chant I



Wer, wenn ich schriee, hörte mich denn aus der Engel
Ordnungen ? Und gesetzt selbst, es nähme
einer mich plötzlich ans Herz : ich verginge von seinem
stärkeren Dasein. […]

Rilke,
Duineser Elegien


ORPHEE

Qui donc, si je criais, m'entendrait en ces lieux ?
Ici les sourds sont rois aux terres corrompues.
En tournant leurs orbes aveugles de statues,
La populace crie, muette, vers les cieux.
Qui donc, né du divin, abaisserait ses yeux
Célestes pour me voir sur le dos étendu ?
Qui donc voudrait savoir du fantôme inconnu
Le malheur, lui qui fut abandonné des dieux ?
Mais qui donc, dans la nuit, alors que le temps ronge
La face angélique du démon de mon songe,
Soufflerait les larmes qui coulent sur mes joues ?
Qui donc encor verra que mon cœur est prison ?
— Mes spectres adorés, pensées les plus floues
Se meuvent à présent comme un mortel poison… *

Vers qui se retourner, à qui donc recourir ?
Hélas ! Je noie mon cri en l'âme écartelée,
Appel sans lendemain chassé par le Zéphyr.
Les anges sont mauvais, l'homme n'est qu'un martyr,
Les animaux s'enfuient, la biche évaporée,
Vers qui se retourner, à qui donc recourir ?
Il ne me reste rien, un mince souvenir
Dans lequel s'est éteint la joie jadis chantée,
Vers qui se retourner, à qui donc recourir ?

Et pourtant ma pensée doit être ensevelie,
Hélas ! Et c'est vers vous, Muses, que je m'oublie.

Ô Mère ! Ô Polymnie ! Les larmes ont coulé
Le long du pilier qui tremble face au vent,
Futile monticule érodé par le temps ;
Le temple est en ruine, le suaire éveillé.
Parmi tous ces débris, Melpomène éplorée,
Nostalgique à présent d'un vestige d'antan,
Est tombée à genoux pour porter en avan
Une enfant endormie à jamais envolée.
— Muses, vous vous trompez ; regardez ce flambeau
Qui vient des profondeurs ; par-delà son caveau
Partout je l'ai mené éclairer les enfers.
Voyez, il s'est éteint ; pourtant il fume encor,
Comme s'il refusait d'abandonner le corps
Qui avait animé mes sentiments primaires. *

CHŒUR DES MUSES

Regardez-le assis devant la sépulture,
Naguère ayant chanté la beauté de sa belle,
Le voilà qui se perd dans la nuit éternelle
Des obscures pensées qui noient son âme pure.
Entendez-donc ses pleurs, qui même dans l'azur
D'un ciel indifférent où s'éteint la chandelle,
Le Parnasse attentif à la pâle étincelle,
Saisi la triste voix sous un nuage obscur.
— Redresse-toi, Orphée, fais fi de ce malheur
Qui naquit de ces jours passés en profondeur ;
Si tu veux le guérir, ton cœur anéanti,
Sèche tes yeux, poëte, et vois à l'horizon
Cet astre qui se lève, éclairant ce vallon,
Et hume ces parfums d'un bienfait infini. *

ORPHEE

Souri par vos regards attentifs au soupir
D'un homme dépassé aux illusions perdues,
Je pense vous lasser de mon être martyr
Vaincu par des pensées à vos yeux superflues ;
Au sortir escompté du macabre séjour
Un vent a balayé mon plus précieux amour !
Et me laisse à présent en proie à ma passion.
Il me semble encore que je la vois en rêve,
Et sans cesse s'approche et me parle sans trêve,
Alors, dressant ma main, j'essouffle l'illusion…


*Il s'agit ici de sonnets mis en pages de manière à ne faire qu'un seul tenant pour des raisons d'esthétisme.
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La Sirène

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Messages : 4
Date d'inscription : 12/04/2014
Localisation : nantes

MessageSujet: une belle complainte   Dim 13 Avr - 11:29

J'aime beaucoup ton texte, ce qui me frappe c'est avant tout l'aspect classique du texte, presque racinien...
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Maxime

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Messages : 18
Date d'inscription : 21/01/2013

MessageSujet: Re: La Mort d'Orphée — Chant I   Dim 13 Avr - 19:42

Merci pour ce petit mot. J'aurais qualifié le vers de lamartinien plus que racinien pour le coup (ce n'est qu'après que j'ai lu Racine il me semble, donc aucune influence de sa part sur mes vers).
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MessageSujet: Re: La Mort d'Orphée — Chant I   

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