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 La Mort d'Orphée — Chant III

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Maxime

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Messages : 18
Date d'inscription : 21/01/2013

MessageSujet: La Mort d'Orphée — Chant III   Jeu 31 Jan - 18:42

Chant III



CHŒUR DES MUSES

Entend-les arriver, les compagnes de Thrace,
Entend leur chœur rugir et entonner ton nom
D'un souffle si puissant qu'il anéanti Tarse.

ORPHEE

Je ne reculerai et appuierai mon front
Sur celui de César, et qu'importe ces femmes,
S'il faut mourir demain, je sonne le clairon.

A quoi bon résister ? Dévorez-moi, Ô flammes !

CHŒUR DES MUSES

Tu es donc fatigué d'avoir affaire à elles :
Tu t'obstines toujours à boucher tes oreilles.
Aux supplication sourd, tu ne veux point partir
Afin que très bientôt tu puisses donc mourir.
Pourquoi rester ainsi ? Pourquoi être fidèle
A la belle Eurydice alors que sous la stèle,
Repose l'adorée au fond de son cercueil ?

ORPHEE

Un jour furent gravées les lettres d'un aïeul
Qui s'exprimaient ainsi : « Quand est partie sa mie,
Il ouvre une bouteille et bois toute la lie ;
Voici la voie facile où l'on dit à l'esprit
Que l'on cesse d'aimer ; mais pour un cœur épris,
Voilà, avouons-le, un tout autre problème :
Abjurer son amour équivaut au blasphème.
D'un côté nous pouvons nous bercer d'illusions,
Du moment qu'on peut croire au bienfait des pulsions.
Mais, au fond, nous savons que ce n'est qu'un mensonge,
Et que la vérité nous suivra dans le songe.

CHŒUR DES MUSES

Il est encore temps de fuir sur le chemin
Plutôt que de veiller ici avec ton vin.

ORPHEE

Muses, séchez vos pleurs et fuyez cet orage
Qui menace là-bas avec son noir ombrage.
Mais oyez la question que je veux vous poser :
Comment considérer qu'en la voyant chuter,
La pierre qu'il poussait en haut du monticule,
Il se retrouverait face à son crépuscule,
Et qu'alors descendant la pente qu'il avait
Auparavant grimpé, il en profiterait
Pour être un homme heureux ? Sous la voûte fleurie,
Les ombres s'écartant, l'étoile de Marie
Se dessine là-haut ; résonnent des clameurs
Qui viennent ici bas répandre les rumeurs :
A ce pauvre mortel montrent la destinée
Qui l'attend à la fin, et au fil de l'année
Toujours il prend son temps pour revoir la lueur
D'un espoir ranimé par l'oubli du malheur.
Je suis pareil à lui, assis dans une attente
Infinie où s'étend mon regard sur la pente.
Dès lors je l'ai compris, ce qu'était mon fardeau,
Et je l'ai accepté ; j'ai repris le flambeau
Et continue ma voie, pensant toujours à elle,
Ne pouvant me résoudre à oublier la veille.
Et je l'ai accepté, ce passé souvenir,
Et si je les revois, c'est que je vais mourir.
Je me sens entraîné dans la nuit dévorante,
Qui me libère enfin d'une vie désolante.

CHŒUR DES MUSES

Nous n'y pouvons plus rien car tu t'es convaincu
Que tu n'avais que trop en ce monde vécu ;
Il ne peut y avoir que les heures sonnées
Pour t'avoir prévenu que tes tristes années
Se finiraient ici. Quand tu seras aux cieux,
N'oublie pas de jouer un chant harmonieux
Pour célébrer ta voix qui seule dans ce monde
A jamais restera là où l'orage gronde.
Ô cruel sort ! mourir pour avoir trop aimé !
Voilà comment nantir une fidélité
Si rare de nos jours ! Notre époque s’affaisse
Sur ses bases vieillies que ronge la jeunesse.
Antiques effigies, de marbre vous restez
Face au spectacle impie que vous organisez ;
Nos bouches désormais pour vous resteront closes,
Vous qui ne nous offrez que de futiles roses.
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